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L'initiative No Billag signifie la fin du service public régional

12.01.2018

Plus d'un million d'auditrices et d'auditeurs consomment chaque jour les émissions des émetteurs radio concernés. Les télévisions régionales comptent chaque jour également plus d'un million de téléspectateurs. Une grande partie de ce public devrait à l'avenir renoncer à la couverture médiatique régionale en cas d'acceptation de l'initiative. «En cas d'acceptation de l’initiative, la politique, la culture, le sport et les commerces perdraient leur voix dans les régions. Qui d'autre couvrirait les élections municipales de Saint-Gall, les Automnales de l'Oberland bernois ou le FC Rarogne? Toutes ces choses sont commercialement peu intéressantes, mais importantes. Et tous ces reportages ne peuvent pas non plus être couverts en remplacement par des médias fake news comme Facebook» explique André Moesch, président de l'Association des émetteurs régionaux de télévision, Telesuisse. Pour lui, l'initiative No Billag suppose donc une grave menace pour le fédéralisme et la démocratie en Suisse.

Situation dramatique en Suisse romande

En Suisse romande, les émetteurs régionaux de télévision et radio ont mené une simulation concrète de la situation en cas d'éventuelle acceptation de l'initiative No Billag. Le résultat est désastreux: «Seules les stations radio régionales des villes de Genève et de Lausanne continueraient d'être exploitées. Partout ailleurs, ce serait la fin des programmes!» explique Philippe Zahno, représentant des Radios régionales romandes. «Les Romands n'auraient plus que quatre émetteurs régionaux radio dans les grandes villes, au lieu des 12 stations radio et des 5 chaînes de télévision d'aujourd'hui dans l’ensemble des cantons».

Il n'y a pas de «plan B»

Les initiants prétendent régulièrement que la redevance supprimée pourra être remplacée par plus de publicité, par des abonnements payés par les clients ou par des subventions cantonales. Les associations de télévisions et radio régionales suisses rejettent avec énergie ces affirmations. «Nous sommes actifs sur le marché publicitaire depuis plus de 30 ans. Il s'agit d'une illusion des initiants de vouloir compenser la part des redevances par plus de publicité» indique Martin Muerner, représentant de l'Association suisse des radios privées. Marc Friedli, directeur des affaires de Telesuisse, complète: «Les tentatives pour mettre en place un système d’abonnements de clients menées jusqu'à présent, comme en Valais, présentent des chiffres alarmants. Ce n'est pas une option sérieuse, selon nous, pour avoir un service public régional dans toutes les régions de la Suisse». Luka Weiss, président de l'Union des radios locales non commerciales (UNIKOM), ajoute: «Il ne s'agit pas seulement du maintien des structures! Le contenu compte pour les téléspectatrices et téléspectateurs. Aujourd'hui déjà en Suisse, il existe un grand nombre de programmes de radio et de télévision sans mandat de prestation qui ne contribuent en rien aux informations locales. Ils sont la preuve que ces contenus des programmes ne sont pas fournis par le marché».

La voie des subventions cantonales semble également impossible, comme le confirme la Conférence des directeurs cantonaux de l'économie publique (CDEP) dans une prise de position: «Une reprise de remplacement du financement des médias par les Cantons n'est pas réaliste pour des raisons juridiques, politiques et financières».

Le secteur privé souhaite également limiter la SSR

Les représentants des télévisions et radios régionales suisses sont décidés à rejeter l'initiative No Billag, mais il est également clair pour eux qu'après un «Non» à No Billag, la SSR doit être limitée. D'après André Moesch (Telesuisse), cela ne peut et ne doit avoir lieu que par une modification de la loi et de la concession. «Pour cela, une initiative radicale qui conduit à la destruction du système médiatique de tout un pays est inutile».