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Pour le service public régional, cette loi est une régression plutôt qu’une progression

25.06.2018

Le niveau fédéral est bétonné alors que le niveau régional sert de cobaye
Alors que le rôle de la SSR serait renforcé et développé dans le cadre des régions linguistiques, le service public régional complémentaire ne dispose d’aucun plan clair et durable. Il n'existe pas d'exigence de couverture régionale complète au sens de la Suisse fédéraliste. Des normes de fonctionnement claires font défaut pour un service public dans les régions. Cette conception extrêmement diffuse de «prestations complémentaires de service public», ne permet pas d’atteindre une diversité médiatique dans les régions; au contraire, elle la menace! C'est exactement là où la diversité médiatique en Suisse est la plus en danger qu’un concept clair fait défaut.
Imaginez si pour les transports publics, seules étaient définies les liaisons nationales et que le principe de «la loi de la jungle» s’appliquait aux transports régionaux...

 

La menace d’une redevance-arrosoir qui affaiblit tout le monde plane
Dans le domaine intitulé des «prestations complémentaires de service public», des offres en ligne, des offres médiatiques pour des groupes de population spécifiques, des offres médiatiques participatives supplémentaires, etc. doivent être financées à la place des stations de radio et de télévision régionales, comme c’était encore cas jusqu’à présent. Bien que de nouveaux canaux et des canaux supplémentaires doivent être alimentés, seuls 6 % (comme jusqu’ici) des redevances de réception/de médias sont réservées au service public complémentaire. Plus de fournisseurs, davantage de canaux de diffusion, de nouvelles offres, mais aucune ressource supplémentaire:  plutôt qu’un soutien ciblé au service public, il en résulte un arrosage de la redevance qui n’aide réellement aucun nouveau fournisseur et qui affaiblit tous ceux existants. La position de TELESUISSE est claire: si de nouvelles offres doivent être financées, il faut plus de moyens financiers! TELESUISSE soutient dans ce cadre une part de 10% de la redevance média pour les prestations complémentaires de service public.

 

Plutôt que de se réduire, le fossé entre la SSR et les médias privés se creuse
Lors du débat autour de No Billag, l’objectif d’une réduction proportionnelle de l’étendue de la SSR par rapport aux fournisseurs privés s’était imposé grâce à un large consensus entre les parties prenantes au débat. Le nouveau projet de loi ignore ce débat et prend un chemin totalement différent. Les offres de la SSR sont développées et gravées dans la pierre, alors que les fournisseurs de prestations complémentaires de service public subissent une forte dégradation: aucun concept pour une couverture régionale complète, mandats de prestations pour cinq ans au lieu de concessions pour dix ans et financement de canaux supplémentaires sans ressources supplémentaires. Le service public régional est marginalisé dans ce projet. Le fossé entre la SSR et les fournisseurs privés se creuse plutôt que de se combler; il s'agit d’une porte ouverte à une société avec des médias à deux vitesses.